Carnet de vol électronique : est-ce vraiment légal et conforme EASA ?
Un carnet de vol électronique est-il légal pour un pilote EASA ? Ce que dit la réglementation FCL.050, papier vs numérique, signatures et conformité.
Cameron GERARD
Pilote professionnel et responsable des opérations aériennes

À retenir
- Un carnet de vol électronique est légal et conforme EASA : le point FCL.050 impose un enregistrement fiable, pas un support papier.
- Vos obligations ne changent pas : mêmes champs requis, même responsabilité, carnet présentable à la demande.
- La clef de la tranquillité, c'est l'export : pouvoir produire votre carnet au format FCL.050 à tout moment.
Vous tenez votre carnet de vol sur papier depuis vos débuts, et l'idée de tout basculer sur une application vous laisse une hésitation légitime : un carnet électronique est-il vraiment reconnu ? Allez-vous devoir, au fond, tout tenir en double pour être tranquille ? La réponse est claire, et elle tient dans la réglementation elle-même. Voici ce que dit réellement l'EASA, et ce qu'il faut vérifier pour voler l'esprit tranquille.
Ce que dit la réglementation : le contenu prime sur le format
L'obligation de tenir un carnet de vol vient du point FCL.050 du règlement Aircrew (règlement (UE) n°1178/2011, Partie-FCL). Sa formulation est essentielle à comprendre : le pilote doit conserver un enregistrement fiable et détaillé de tous les vols effectués, dans une forme établie par l'autorité compétente.
Lisez bien : la réglementation impose ce que vous devez enregistrer, pas le support sur lequel vous le faites. Nulle part il n'est écrit que le carnet doit être en papier. Ce qui compte, c'est que l'information soit complète, fiable et présentable.
C'est pourquoi l'EASA reconnaît le carnet de vol électronique. Les moyens de conformité associés à FCL.050 décrivent la forme attendue du carnet, et cette forme peut être tenue de manière numérique. En France, l'autorité compétente est la DGAC.
Ces mêmes moyens de conformité précisent les conditions d'un carnet électronique valable : il doit reprendre tous les champs requis, être certifié par le pilote, rester immédiatement disponible à la demande de l'autorité, et se présenter dans un format acceptable pour elle.
Papier ou électronique : ce qui change, ce qui ne change pas
Passer au numérique ne vous exonère d'aucune de vos obligations. Ce qui ne change pas :
- Les champs obligatoires restent les mêmes : date, aéronef (type et immatriculation), terrains et heures de départ et d'arrivée, nom du commandant de bord, temps de vol, fonction à bord, et conditions d'exploitation (nuit, IFR).
- Vous restez responsable de l'exactitude de vos heures. Le carnet, papier ou numérique, engage votre responsabilité de pilote.
- Vous devez pouvoir le présenter à l'autorité, à un examinateur ou à un employeur.
Ce qui change, en votre faveur :
| Carnet papier | Carnet électronique | |
|---|---|---|
| Calcul des heures (jour/nuit, totaux) | Manuel, source d'erreurs | Automatique |
| Corrections | Ratures | Modification propre |
| Perte ou usure | Définitive | Sauvegarde possible |
| Recherche d'un vol | Feuilletage | Instantanée |
Le numérique ne retire rien à la conformité : il fiabilise le calcul et sécurise la conservation, deux points où le papier a toujours montré ses limites.
La question des signatures instructeur
C'est le seul point où le sujet demande encore un peu d'attention. Certaines mentions de votre carnet peuvent nécessiter une signature : la double commande en formation, ou les heures effectuées en PICUS ou SPIC, qui doivent être certifiées par l'instructeur ou le commandant de bord. La réglementation impose même explicitement la signature de l'instructeur dans certains cas précis : la prorogation d'une qualification de classe SEP ou TMG, ou les vols effectués par un titulaire de LAPL au titre de l'expérience récente.
Les solutions de signature électronique existent, mais elles ne sont pas encore universellement établies dans le monde de l'aviation générale. En pratique, certains examinateurs ou clubs attendent encore une trace signée de manière classique.
Le conseil est simple : privilégiez une application qui gère la certification des heures de formation, et conservez, le cas échéant, un justificatif signé pour les étapes de votre cursus qui l'exigent. Une fois votre licence obtenue, la grande majorité de vos vols n'appelle aucune signature.
Rester conforme et présentable à tout moment
La vraie clef de la tranquillité tient en un mot : l'export. Un carnet électronique conforme doit vous permettre, à tout instant, de produire votre carnet au format réglementaire FCL.050, pour le présenter à une autorité, le joindre à un dossier d'emploi ou le remettre à un examinateur.
Deux principes en découlent :
- Vos données vous appartiennent. Vous devez pouvoir les exporter quand vous le souhaitez, sans dépendre de qui que ce soit.
- Pour une démarche officielle (demande de licence, prorogation, contrôle), gardez la possibilité d'imprimer votre carnet à jour. C'est cette capacité, plus que le support, qui vous met à l'abri.
Une application comme AerisLog enregistre tous les champs requis par FCL.050, calcule automatiquement vos temps de jour et de nuit, et vous permet d'exporter ou d'imprimer votre carnet au format réglementaire à tout moment. Le numérique remplace alors le papier au quotidien, sans vous priver du document officiel le jour où on vous le demande.
En résumé
Oui, un carnet de vol électronique est légal et conforme EASA. La réglementation (FCL.050) exige un enregistrement fiable et complet de vos vols, pas un support en particulier. Deux conditions suffisent pour voler l'esprit tranquille : un carnet qui contient tous les champs requis, et la possibilité de le présenter ou de l'imprimer à la demande.
Pour vos vols au quotidien, vous pouvez ranger le carnet papier. Il vous suffit de choisir un outil conforme, qui protège vos heures et sait produire le format officiel quand on vous le demande.
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Questions fréquentes
Un carnet de vol électronique est-il légal en Europe ? Oui. Le point FCL.050 du règlement Aircrew impose de tenir un enregistrement fiable de tous vos vols, sans imposer le papier. Un carnet électronique conforme, qui contient les champs requis, est certifié par le pilote et peut être présenté sur demande, est accepté.
Dois-je garder mon carnet papier en parallèle ? Non, pas pour vos vols au quotidien, du moment que votre carnet électronique est conforme et que vous pouvez l'exporter ou l'imprimer. Pour certaines démarches officielles, il suffit de produire une version imprimée à jour.
Mon instructeur peut-il signer électroniquement mes heures ? Les solutions de signature électronique existent mais ne sont pas encore généralisées. Pour les heures de formation qui doivent être certifiées, vérifiez que votre application le gère, ou conservez un justificatif signé.
Que se passe-t-il si une autorité demande à voir mon carnet ? Vous devez pouvoir le présenter. Un carnet électronique conforme vous permet d'exporter ou d'imprimer votre carnet complet au format FCL.050, à tout moment. AerisLog génère cet export EASA, dans le même format qu'un carnet papier traditionnel, et dispose en plus d'un QR code qui permet à l'autorité de consulter vos informations en un instant, une fonctionnalité développée en collaboration avec la BGTA (Brigade de Gendarmerie des Transports Aériens).
Source réglementaire : point FCL.050, Partie-FCL, règlement (UE) n°1178/2011 (règlement Aircrew de l'EASA).
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